Protection coupe feu acoustique : pari tenu avec le partenariat Continuum et Sotexpro

panneau accoustique non feu

En France, depuis le 1er janvier 2024, l’attestation acoustique des bâtiments neufs est passée d’une obligation de démarche à une obligation de résultat. Cette évolution réglementaire oblige les maîtres d’ouvrage à prouver la performance réelle de leurs aménagements. Dans ce contexte, choisir des matériaux qui combinent protection coupe feu et acoustique s’impose comme une bonne solution. Ce guide vous explique comment concilier ces deux exigences, quelles normes et essais vérifier, et quels critères prendre en compte pour sélectionner une solution acoustique et de ​protection incendie adaptée à votre projet de construction ou de rénovation.​​​​​

Sommaire

Pourquoi combiner protection coupe-feu et correction acoustique ?

56 % des actifs français déclarent être gênés par le bruit au travail, et un actif sur cinq estime perdre plus de 30 minutes de productivité par jour à cause de nuisances sonores. Parallèlement, la réglementation incendie impose des niveaux de résistance au feu stricts, notamment dans les établissements recevant du public (ERP) et les immeubles de grande hauteur (IGH). Un système de protection coupe feu acoustique permet de répondre simultanément à ces deux contraintes. En un seul dispositif, vous obtenez un affaiblissement acoustique mesurable (exprimé par l’indice Aw) et une résistance au feu certifiée (classement EI). Cela simplifie la mise en œuvre et optimise la surface utile, un avantage décisif dans les projets tertiaires ou hospitaliers.

Comprendre les classements de résistance au feu

La réglementation française s’appuie sur le système européen des Euroclasses, défini par la norme EN 13501. Deux familles de classement coexistent et répondent à des questions différentes.

Réaction au feu (Euroclasses A1 à F)

La réaction au feu évalue la manière dont un matériau se comporte lorsqu’il est exposé à une flamme : inflammabilité, propagation du feu, dégagement de chaleur, production de fumée et émission éventuelle de gouttelettes enflammées. Les matériaux sont classés de A1 (incombustible) à F (non classé).

  • A à F : niveau de contribution au développement du feu
  • s1 à s3 : très faible à forte émission de fumées
  • d0 à d2 : aucune ou émission limitée de gouttelettes enflammées

Dans de nombreux espaces professionnels, une classification B-s2,d0 suffit. Des niveaux de performance plus élevés, comme B-s1,d0, peuvent toutefois être demandés dans certains bâtiments ou zones spécifiques afin de limiter davantage la production de fumée en cas d’incendie.

Résistance au feu (classement EI)

Les éléments coupe-feu sont également classés selon la norme européenne EN 1634-1. Cette performance définit par la capacité à résister au feu pendant une durée déterminée : E (étanchéité aux flammes et gaz chauds) et I (isolation thermique, limitation de la transmission de chaleur). Une paroi EI 60 garantit ainsi 60 minutes de protection. Le niveau requis dépend du type de bâtiment, de la hauteur, de l’usage et du compartimentage prévu par l’étude de sécurité incendie.

Voici les principaux niveaux utilisés en France :

Classement

Durée de résistance

Usage courant

EI 30

30 minutes

Cloisons intérieures, bureaux

EI 60

60 minutes

ERP, hôpitaux, hôtels

EI 90

90 minutes

Locaux à risque, IGH

EI 120

120 minutes

Parkings, zones de stockage, locaux techniques

Tout essai conventionnel de résistance au feu doit être réalisé par un laboratoire accrédité pour la méthode d’essai concernée, conformément à l’arrêté du 22 mars 2026 relatif aux performances de résistance au feu. Un vrai point de vigilance lors du choix de vos fournisseurs : exigez systématiquement les procès-verbaux d’essai.

Normes acoustiques en vigueur : ce que vous devez savoir

La réglementation acoustique du bâtiment en France repose sur le décret du 9 janvier 1995 et l’arrêté du 30 juin 1999 pour les logements, ainsi que sur l’arrêté du 25 avril 2003 pour les ERP. Cette réglementation est fragmentée selon le type de bâtiment, l’usage et la date de construction ; aucun texte unique ne couvre l’ensemble.

L’attestation acoustique est désormais régie par l’arrêté du 26 décembre 2023, obligatoire pour les permis de construire déposés à compter du 1er janvier 2024. Depuis cette date, l’obligation est de résultat, plus seulement de démarche. Concrètement, le maître d’ouvrage doit prouver, mesures à l’appui, que les performances acoustiques sont atteintes. Une attestation non conforme à l’achèvement peut empêcher la signature des actes de livraison et générer des pénalités de retard considérables.

Pour les ERP, les exigences incluent un temps de réverbération inférieur ou égal à 0,4 seconde en salle de classe, un isolement DnT,A supérieur ou égal à 53 dB entre locaux d’enseignement et un niveau de bruit d’équipements inférieur ou égal à 33 dB(A). Dans les établissements de santé, les contraintes sont tout aussi exigeantes, avec des seuils d’isolement entre chambres et vis-à-vis des parties communes.

Matériaux à double performance : acoustique et coupe-feu

Tous les matériaux acoustiques ne se valent pas face au feu. Le choix du bon matériau conditionne à la fois la conformité réglementaire et la performance acoustique réelle de votre aménagement.

Laine de roche

La laine de roche est le matériau de référence pour la double performance acoustique et coupe-feu. Incombustible par nature (classée A1 ou A2 selon les liants), elle offre une excellente absorption acoustique sur les moyennes et hautes fréquences. Elle constitue le cœur de la plupart des cloisons certifiées EI 60 à EI 120.

Laine de verre

Également classée A1 ou A2, la laine de verre présente de bonnes performances acoustiques, surtout dans les systèmes de doublage et de plafonds suspendus. Son point faible réside toutefois dans le traitement des basses fréquences, où elle se montre moins efficace que la laine de roche à épaisseur égale.

Plaques de plâtre spéciales

Les plaques de plâtre à haute densité ou renforcées de fibres de verre atteignent des classements EI 30 à EI 120 selon l’épaisseur et le nombre de plaques. Associées à un isolant minéral, elles forment des systèmes complets à la fois coupe-feu et phoniques. L’indice d’affaiblissement Rw peut dépasser 55 dB dans les configurations les plus performantes.

Mousses acoustiques : attention au feu !

Les mousses de mélamine ou de polyuréthane offrent une absorption acoustique intéressante, mais leur comportement au feu varie fortement. Certaines mousses de mélamine atteignent la classe B-s1, d0, tandis que les polyuréthanes standards sont classés D ou E. Vérifiez donc systématiquement le classement au feu avant toute pose.

Comment choisir la bonne solution pour votre projet ?

Le choix d’une solution combinant correction acoustique et résistance au feu dépend de plusieurs paramètres propres à votre bâtiment et à son usage. Voici les critères à analyser.

  • Type de bâtiment et classement ERP. Un hôpital ou une école nécessite un classement EI 60 minimum sur la plupart des parois. Un bureau en open space peut se contenter d’un EI 30 pour les cloisons intérieures, mais les exigences acoustiques y sont souvent plus élevées pour préserver la concentration.
  • Fréquences à traiter. Un restaurant bruyant génère principalement des fréquences moyennes (voix, vaisselle…), tandis qu’un environnement industriel produit davantage de basses fréquences. Or, la plupart des matériaux coupe-feu classiques traitent bien les aigus, mais peinent sous 250 Hz. Un traitement équilibré de 63 à 8 000 Hz est essentiel pour une réduction homogène du bruit.
  • Épaisseur disponible. Dans les rénovations, l’espace est souvent contraint. Les systèmes à double plaque de plâtre avec laine de roche offrent un bon compromis épaisseur/performance, mais des solutions plus compactes existent pour les cas les plus serrés.

 

Avant de vous engager, un diagnostic acoustique est indispensable. Chez Continuum, nous réalisons ce diagnostic sur site ou à distance grâce à nos logiciels métiers, à partir de vos plans, de la description des matériaux et de photos. Cette étape permet d’identifier précisément les nuisances et de dimensionner la solution adaptée.

L’exigence des basses fréquences : un angle souvent négligé

La majorité des panneaux acoustiques classés au feu traitent correctement les fréquences au-dessus de 500 Hz. En dessous, leur efficacité diminue sensiblement. Or, les basses fréquences (63 à 250 Hz) sont omniprésentes dans les environnements professionnels : ventilation, machines, bruit de structure, etc. Ne pas les traiter revient à laisser la moitié du problème sans réponse.

Pour une réduction homogène du bruit, optez pour des matériaux ou des systèmes conçus pour absorber sur l’ensemble du spectre audible. C’est précisément l’approche adoptée avec nos solutions brevetées, offrant un traitement équilibré de 63 à 8 000 Hz. Ce spectre large est particulièrement pertinent dans les hôpitaux, où 95 % du personnel en bloc opératoire rapporte des symptômes (fatigue, maux de tête, irritabilité) liés au bruit.

Applications concrètes selon le secteur

Chaque secteur a ses contraintes spécifiques en matière de sécurité incendie et de confort acoustique. Voici comment les exigences se traduisent dans la pratique.

  • Bureaux et open spaces. Le bruit est la première source de gêne au travail. Des panneaux muraux ou des plafonds suspendus classés B-s2 d0, associés à des cloisonnettes absorbantes, permettent de créer des zones calmes. En France, les cloisonnettes acoustiques sont encore fréquemment classées M3. Les paravents acoustiques, quant à eux, peuvent être classés M4.
  • Établissements de santé. Les hôpitaux et cliniques cumulent des exigences élevées : classement EI 60 minimum sur les circulations et cloisonnements, temps de réverbération contrôlé dans les chambres et les espaces communs. 
  • Restaurants et hôtellerie. L’ambiance sonore influence directement l’expérience client. Des panneaux acoustiques ignifugés en plafond et en paroi permettent de réduire la réverbération sans sacrifier l’esthétique. Les classements M1 ou B-s2 d0 sont généralement exigés dans ces ERP de type N.
  • Milieux industriels. Les ateliers, zones de production et locaux techniques sont souvent confrontés à des niveaux sonores élevés. Les solutions acoustiques mises en place doivent répondre aux exigences de sécurité incendie, avec des classifications de réaction au feu telles que B-s2,d0.

Mise en œuvre : étapes clés d’un projet réussi

Un matériau parfaitement classé au feu et acoustiquement performant ne sert à rien s’il est mal installé. Voici les étapes à respecter :

  1. Diagnostic initial. Identifiez les sources de bruit, les trajets de propagation et les exigences réglementaires (classement ERP, isolement requis, temps de réverbération cible…).
  2. Plan d’implantation. Projetez visuellement l’intégration des solutions dans l’espace. Cette projection permet d’anticiper les conflits avec d’autres lots (électricité, CVC, sprinklers…) et d’estimer le budget.
  3. Vérification des classements. Exigez les procès-verbaux d’essai (réaction au feu EN 13501-1 et résistance au feu EN 1634-1). Vérifiez que le classement couvre la configuration réelle de pose (avec ou sans plénum, fixation directe ou suspendue).
  4. Installation par des équipes qualifiées. La qualité de la mise en œuvre conditionne le résultat final. Joints, calfeutrements et raccords doivent être traités avec le même soin que les panneaux eux-mêmes.
  5. Mesure de réception. Après installation, une mesure acoustique vérifie la conformité aux objectifs et aux seuils réglementaires.

 

Chez Continuum, cette méthodologie est appliquée à chaque projet. Nos équipes réalisent un diagnostic acoustique afin d’identifier précisément les sources de nuisance et les objectifs à atteindre. Nous concevons ensuite un plan d’implantation adapté aux contraintes du bâtiment et à son usage. La pose est assurée par des professionnels qualifiés. Enfin, des mesures de contrôle sont réalisées après installation pour valider les performances acoustiques obtenues et s’assurer de la conformité du projet.

Partenariat gagnant entre Continuum et Sotexpro

Entre Continuum et Sotexpro, le fabricant français de tissus non feu, c’est une relation solide, instaurée depuis plus de 20 ans.

Les tissus non feu Sotexpro

Sotexpro est une entreprise française installée dans la Loire. Elle rassemble environ 50 collaborateurs et un atelier de confection de 30 personnes. L’entreprise propose des solutions textiles pour les professionnels de l’hôtellerie, de la santé et les collectivités locales, notamment des collections réalisées à partir de fils recyclés des bouteilles PET en plastique. Refondues, elles deviennent alors un fil polyester. L’avantage de ces tissus ? Non feu, ils répondent aux normes sécuritaires pour l’ensemble des ERP.

Une collaboration en circuit court

Sotexpro met à disposition les tissus qui enveloppent les solutions acoustiques Continuum. Ensuite, l’atelier de chantier réinsertion Zig-Zag assure la conception de ces housses : découpe, assemblage, couture. Les deux structures étant proches de Lyon, c’est la logique de circuit court et de proximité qui a déterminé cette mise en lien.

Une réalisation concrète dans la Loire

Continuum épaule Sotexpro sur tous les tests acoustiques de leurs tissus. 3 à 4 tests par an sont ainsi menés afin d’éprouver le tissu et de le catégoriser. Par ailleurs, nous avons mené une réalisation commune pour une mairie dans la Loire. Les tissus acoustiques ont été installés dans une pièce traitée par Continuum afin d’améliorer le confort sonore.

Protection coupe feu acoustique, conclusion

En combinant diagnostic, conception sur-mesure et vérification finale, vous garantissez à la fois la sécurité des occupants et leur confort quotidien. Nos solutions brevetées, fabriquées en France, couvrent l’ensemble du spectre de 63 à 8 000 Hz et intègrent les classements feu exigés par la réglementation.

FAQ

La réaction au feu (Euroclasses A1 à F) mesure comment un matériau se comporte lorsqu’il est exposé à une flamme : inflammabilité, fumée, gouttelettes. La résistance au feu (classement EI) indique combien de temps un élément de construction empêche le passage du feu et de la chaleur. Les deux classements sont complémentaires et exigés par la réglementation.

Pas nécessairement. De nombreux panneaux acoustiques en mousse ou en textile ne sont pas classés au feu et sont donc interdits dans les ERP. Vérifiez systématiquement le procès-verbal d’essai selon la norme EN 13501-1. Chez Continuum, nos panneaux sont conçus pour répondre aux exigences de réaction au feu dès leur conception.

Le classement EI dépend du type de bâtiment (habitation, ERP, IGH…), de sa hauteur et de l’étude de sécurité incendie. Un bureau standard exige généralement EI 30 sur les cloisons intérieures, tandis qu’un hôpital peut exiger EI 60 ou plus. Consultez votre bureau de contrôle ou votre coordinateur SSI pour déterminer les exigences exactes.

Remplissez le formulaire
pour télécharger la brochure de présentation de Continuum France

* Nous ne vendons et ne partageons pas vos informations.

Remplissez le formulaire
pour télécharger le catalogue

* Nous ne vendons et ne partageons pas vos informations.

Renseignez les champs suivants pour lancer le téléchargement :

* Nous ne vendons et ne partageons pas vos informations.

Informations de contact

Une question ? Un projet ? L’équipe de Continuum est à votre écoute du lundi au vendredi de 08h30 à 17h30.

35 rue du Dauphiné, 69960 Corbas

04 72 68 75 20

Envoyez-nous un message

Notre équipe s’engage à vous répondre dans les meilleurs délais
* Nous ne vendons et ne partageons pas vos informations.